Une nuit de 7 jours oeuvre poétique par l'écrivain jean marc soriano

Une nuit de 7 jours ( Poésie)

Les oeuvres de l'artiste Jean Marc Soriano

Le livre Une Nuit De 7 Jours

( Pour plus d'extraits cliquez ICI ).

Texte:

La tristesse …

Le grand mot que voilà

Il pleut sur les visages du sable de désert

Les cœurs malades ont toujours soif de peine

Là-bas, les murs sont peints de sang

Et des questions se soulèvent, avec autant de morts qui tombent

Tels des pantins désarticulés

Puis, il y a ceux qui ont ces trucs entre les mains

Qui crachent la mort

Ceux-là, qui sont moins que rien

Tellement, qu’ils ne savent que faire trembler

Il n’y a rien de l’art, dans le martial

Juste, les techniques impitoyables des abattoirs

L’art est pour ceux qui ont perdu leurs cœurs de pierre

Donc, mon regard m’éclabousse de ce sang qui noie tout

Je crie en silence pour que les tueurs n’entendent pas

Voilà ce qu’ils veulent, et ce qu’ils aiment

Le mutisme et la terreur

Si je crie, j’ai perdu

Rien de neuf sous la nuit

Juste l’ennui de la mort

Lorsque c’est un enfant tout bleu, qui meurt

L’accablement me soulage davantage de l’espoir

Puis, à la fin, résigné et soulagé de ne plus vivre

Je me lève pour crier et mourir

Mais trop tard, je demeure vivant, la poitrine intacte

Les tueurs sont partis pisser leur trop-plein de sang

Me voilà seul, au milieu des morts, mes amis

Et, ce qu’il y a d’épouvantable, c’est l’odeur du figé

Et la perfection du désarticulé

Oh ! Mon Dieu, prêtez-moi les ailes des oiseaux assassinés

Pour m’envoler, et ne plus entendre les hurlements de mon âme sans puissance!

J’ai posté ma prière en courrier suivi, mais la poste

N’a pas trouvé la formule rentable

Pour Dieu, c’est hors de prix, le diable surtaxe

Cela ne fait rien

J’ai posté ma prière, en envoi simple

En écrivant le nom de Dieu, tout petit

Pour que l’autre ne le voie pas

Puis, j’ai pris dans mes bras, la petite fille morte

Enfin des morceaux, de petite fille morte

Et avec la salive de mon cœur

J’ai parlé doucement à ces morceaux

Pour qu’ils se reconnaissent et se recollent

J’ai déjà vu ça dans un film, de science-fiction

J’ai parlé à chaque morceau avec beaucoup de douceur

Et il y a eu un miracle, les lèvres se sont ouvertes

pour soupirer

—Nous ne voulons plus vivre dans ce monde sans amour

Laisse la terre couvrir notre peine infinie …

Puis, les lèvres se fermèrent de nouveau, pour toujours cette fois

Je me répétais tel un fou:

— Pour toujours, pour toujours, pour toujours! ...

Alors j’ai fait ce qu’elle me demandait

Et j’ai couvert les morceaux de la petite fille avec une fleur morte elle aussi

Puis de nouveau, j’ai cherché ses assassins pour

leur cracher à la gueule

Mais ils manifestaient sous l’arc de triomphe, pour

avoir de meilleurs salaires

Ils m’ont fait un geste de la main pour me rassurer et pour me dire

"À tout de suite…!"

Je suis soulagé,

Un jour l’histoire dira, qu’ils étaient de braves salauds

Les victimes font toujours sales sous leurs balles…

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