Nazarette ( roman)

Les oeuvres de l'artiste jean Marc Soriano

( Maroc: les combats des femmes, Slate Afrique: Cliquez ICI )

A Issa Nazarette,

 

 

Je dédie ce récit à Issa Nazarette née à Hadcourt en 1962 au Maroc dont les épreuves insupportables sont si communes à notre monde sculpté par le burin de la violence, gravé au fer rouge où se lamentent nos âmes moribondes des viols subis sans réparation. Elle fut battue et laissée pour morte, l’estomac au quotidien taraudé par la faim, sans perspective d’avenir dans les bidonvilles marocains. Elle dût même s’automutiler jusqu’aux os pour ne pas être amputée à cause d’un diabète sans soin ...Après une vie de travail forcée, elle perdit son unique bien, sa maison, pour éviter à son fils le chômage et la prison.

Les violations des droits de l’homme ainsi que ceux spécifiques de la femme sont autant d’aveux que dans ces instants sans consolation seul le divin peut réconforter l’âme outragée.

Les peuples arabes expérimentent avec beaucoup de sincérité et de naïveté l’accession à plus de liberté, ce n’est pas un luxe de ne pas oublier que derrière les morts des manifestations et des barricades à cause des tyrans et de l’argent sans morale, souffrent des millions de Nazarette, alors que les satrapes sont hantés par ces peuples grouillants voulant accéder à l’éducation et l’autonomie.

Nous avons correspondu plusieurs années par internet, jamais je n’avais rencontré une femme d’une aussi grande résistance à l’abrasion du découragement et d’une aussi magnifique abnégation, d’une aussi grande endurance à la souffrance, aux privations, animée d’un amour inconditionnel pour l’égalité et la tolérance. Elle incarne cette noblesse rustique des véritables héroïnes comme Aung San Suu Kyi prix Nobel de la paix ... Je souhaite Nazarette voir tes idées sur l’amour universel prendre racine dans ton beau pays aux espoirs garrottés ... de courir longtemps pieds nus et cheveux au vent au bord de l’océan, convaincue que l’amour est tout, et l’ennemi l’argent corrompu qui affame les peuples ...

Tu as aujourd’hui cinquante deux ans, tu veux passer ton bac et devenir écrivain ... tu as raison de rêver de ce demain qui est le tien…

 

 

AIMER:

 

Il faut aimer ! Oui, bien sûr ... Mais comment ?

Il faut d’abord peut être s’aimer ou se détester un peu moins ... oui, mais comment ?

Quel miroir me renverra l’image juste de mes pensées, de mes intentions, de mes actions ?

Peut-on écrire aimer faire mal ? Oui bien entendu ! Mais est-ce encore aimer ?

Et l’écrire ainsi semble correct !

Est ce que aimer est relatif à soi, à l’autre ou obligatoirement aux deux ?

Aimer haïr équivaut à haïr, haïr haïr à celui d’aimer voire même adorer !

N’aimer personne est-ce obligatoirement haïr tout le monde ?

Est-ce que l’amour et le plaisir vont toujours de pair, ainsi que la haine et la souffrance ?

Il existe souffrir par amour mais aussi aimer souffrir, il existe la haine du plaisir et le plaisir de la haine ...

Aimer qui, quoi, pourquoi, quand, où, comment, combien ...

Aimer les mots pour aimer tout court, aimer les mots hélium, les bulles de savon qui volent, s’envolent, vous emportent ... mais vers où ?

Aimer qui crie le cœur brisé, le ventre vide, le regard inhabité comme une vitrine abandonnée ...

Il faut aimer d’avantage à s’en exploser les frontières qui définissent l’improbable et le doute ...

Celle que j’aime habite à un milliard d’année lumière et pourtant c’est à coté de mon cœur où l’espace et le temps se plient ...

J’ai compris que rien n’existe à part aimer puisque même le temps se plie devant l’amour ...

Certains n’y voient que des mécaniques, des hormones, de la chimie ...alors que le parfum des fleurs est un violon invisible qui interprète le soleil.

Qui plantera le blé si tout le monde rêve ? Plombe le pragmatique qui compte sans cesse et qui a oublié que lorsqu’on aime on ne compte pas ...

Aimer c’est compté les uns sur les autres et partager le plaisir et la souffrance...

Aimer c’est donner un exemple et ne condamner que les peines de mort ...

Aimer c’est rêvé être Dieu ou si près de lui ...

Aimer c’est avoir soif et boire, avoir faim et manger, pleurer d’amour lorsque une main se tend, lorsque des mots demandent pardon même un million d’années trop tard ...

Aimer c’est l’infini qui dessine des marches sous notre cœur ...

Aimer c’est vivre et laisser vivre en ouvrant la main qui étreint un poignard ...

Aimer c’est dire non et se défendre de celui qui fait le mal ...

Le mal absolu c’est toutes les guerres où des hommes se tuent ...

 

Le livre NAZARETTE

 

Extrait court: (Pour plus d'extraits cliquez ICI.)

 

...Elle est allongée sur un lit de fer, adouci d’une sorte de sac qui prétend matelasser la rudesse des lattes d’acier qui font offices de sommier.

Elle s’assied difficilement prenant appui sur son coude droit et geignant une respiration forcée, sa main gauche se porte à sa gorge.

— Aie ! murmure-t-elle dans un souffle en effleurant son cou meurtri par une strangulation.

Son regard parcourt l’espace sombre qui l ‘environne et l’emprisonne, ce sont des murs de béton gris et tristes sans ornement et sans fenêtre où juste une ouverture grillagée de forts barreaux permet à la lumière du jour de caresser du bout de ses rayons les murs de ciment sinistres et sales, le sol et le plafond sont semblables de laideur.

Elle se lève péniblement afin de voir par l’étroit fenestron mais il est trop haut, il n’y a ni chaise, ni table... elle essaie de rapprocher le lit de l’ouverture mais il est trop lourd.

Elle doit se résigner et s’assied sur les lames et ressorts d’acier qui en se frottant chuintent et zézayent.

Au fur et à mesure que la sensibilité et les sensations pinaillent son corps ankylosé par les liens et anesthésié par le barbiturique, la jeune femme renifle avec dégoût et une sensation de plus en plus nauséeuse des odeurs bestiales mêlées à celles de désinfectants et grésil.

Dans un coin de la cellule se dessinent des toilettes comme une ombre sans porte et un robinet d’eau prétendument potable.

Malgré sa répulsion la jeune fille se résout à se soulager dans cet endroit d’où s’exhalent des odeurs comme un essaim de guêpes.

Nazarette essaie plusieurs fois d’ameuter un garde à travers les lourdes doubles portes renforcées de tôles d’acier, mais en guise de réponse seulement un œil dur et curieux vient surveiller les turbulences de la prisonnière...

 

 

 

Egalité et mérite:

 

Egalité et mérite voilà deux principes que les gens de droite aiment mettre en friction.

Pour faire court (encore) les gens de droite adorent ce rapport où l’argent, le pouvoir sanctionnent avec justice (d’après eux) le mérite... bien entendu ils reconnaissent le principe de l’égalité des chances mais évidement comme un projet lointain dans le contexte impitoyable des « lois » du marché ... Ah les réalités !... un peu comme si un pauvre type voulait coucher avec une pute sans payer.

Que faut-il faire alors de notre constitution, de notre devise à l’humanisme parfait et vers lequel tout homme politique aurait du tendre ?

Souvenons-nous d’où est tirée notre devise nationale « Liberté, égalité, fraternité. », évidement de ses antonymes « Esclavage, privilège,inimitié » que vivent au quotidien une majorité des citoyens par le chômage, le RSA, les SDF etc. les échelles de salaires, les retraites misérables, les spéculations bancaires, les guerres néocoloniales au nom de la démocratie ...

Le premier de tous les talents exigés pour être au sommet de la pyramide est le mépris dont le pilote est le mensonge mais à l’origine ses mobiles sont les jouissances que procurent la débauche et l’argent.

Le jour où monsieur ou madame de droite du mérite et de l’inégalité vous aurez le culot de nous parler de l’amour des banquiers et du mérite des traders, je vous préviens que là 10 millions de gavroches descendront dans la rue pour vous farcir la tête et moi qui suis hostile à toute violence je la tournerai de l’autre coté , admettant qu’une tête qui est retranchée du cœur ne sert pas à grand chose à part à provoquer des érections fluctuantes selon la bourse avec en parade les défilés de mode des super mannequins spécialistes de l’éjaculation précoce ...

Oh le monsieur qui se plaint de payer trop d’impôts, crois-tu qu’il sera toujours supporté qu’un homme soit, sans un partage équitable, une source de profit pour un autre homme... ce que tu appelles mérite n’est qu’opportunisme et le sentiment qui devrait en découler ne devrait être que de la honte, ce magnifique sentiment humain qui fabrique le repentant ou qui écrase la victime qui ne comprend pas ... voilà la véritable histoire de l’inégalité, pour le riche il existera toujours des pauvres parce qu’ils les fabriquent, retranchant le pauvres des bonnes choses ... mais demandez aux amis des bêtes, ils vous diront que même un cochon éduqué finit par aimer être propre ...voilà aussi votre seule excuse sincère de riche, de voir en nous les pauvres, une sous-espèce puante dont les pires pissent, défèquent et copulent dans le caniveau ...

 

 

 

 

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